"NON SI NON LA" / Maurice Scève

NON SI NON LA

La troisième pièce des « Escriz de divers Poëtes à la louenge de Louise Labé », la première en français, est un sonnet « En grace du Dialogue d’Amour, et de Folie, Euvre de D. Louïze Labé Lyonnoize » » signé « NON SI NON LA ».
Cette devise apparaît, à côté d’une autre, à la fin de l’anonyme Petit Œuvre d’Amour et gaige d’amitié imprimé à Paris en 1538, puis, plus tardivement à la fin des deux sonnets (liminaire et final) de Microcosme de Maurice Scève en 1562 chez Jean de Tournes, et enfin comme signature d’un sonnet à Philibert Bugnyon dans son Traicté des loix abrogées (1563, sig. a4v) où la devise est éclairée par le titre du poème : « M. S. Lyonnois, Sonnet ». Sa présence dans les Euvres de Louise Labé semble donc bien la signature de Maurice Scève, d’autant que la formule « en grace de » sert à titrer (une fois en latin et trois fois en français) quatre de ses poèmes d’escorte (à Rondelet, à Labé, à Simeoni et à Tyard) entre 1554 et 1555.

Scève (1501-1564 ?) est l’auteur du recueil amoureux Delie en 1544, et, à ce titre, une figure tutélaire pour la poésie amoureuse dans les années 1540 et 1550. Son sonnet à Louise Labé vaut donc reconnaissance mais c’est le seul lien avéré entre lui et Labé et en déduire un rapport de maître à disciple ou de sociabilité poétique partagée serait aventureux.

Il a déjà offert à Pernette Du Guillet en 1545 et à Marguerite de Navarre en 1547 des poèmes d’escorte parus dans leurs livres imprimés par Jean de Tournes, ce qui le montre soucieux des autrices contemporaines (trois des quatorze destinataires de ses poèmes d’éloge).
Le titre du sonnet semble prouver que Scève a eu accès à un état préliminaire du « Debat » qui s’est appelé un temps « Dialogue », comme on le vérifie dans le privilège des Euvres en mars 1555.