"D'IMMORTEL ZELE" / Jean de Vauzelles (?)

D'IMMORTEL ZELE

Cette devise qui signe le neuvième des « Escriz de divers Poëtes à la louenge de Louïze Labé Lionnoize » n’est attestée nulle part ailleurs à l’identique mais ressemble aux devises de Jean de Vauzelles (« D’ung vray zele », « Crainte de Dieu vault zele » « Chevalier de vray zele ») ou à celle de Guillaume de La Tayssonnière, « Gentilhomme Dombois » (« Rien sans zelle »), devise présente dans son premier recueil, Les Amoureuses Occupations, paru à Lyon en 1555.

Pour Prosper Blanchemain et Mireille Huchon, c’est la devise de La Tayssonnière, Alfred Cartier choisissait d’y voir celle de Mathieu de Vauzelles. Les autres éditeurs depuis Breghot du Lut, penchent pour Jean de Vauzelles, le frère cadet de Mathieu, et Elsa Kammerer, dans son livre Jean de Vauzelles et le creuset lyonnais (2013), va dans ce sens. C’est l’hypothèse la plus probable du fait de l’implication de Jean de Vauzelles dans la promotion des autrices de Jean de Tournes : il avait déjà signé en 1545 pour les Rymes de Pernette Du Guilllet un douzain et un quatorzain, le premier "D. V. Z." (« D’un vray zele »), le second "I. D. V." (Jean de Vauzelles), à la suite de trois épitaphes par Maurice Scève. Scève et Vauzelles se retrouveraient ici dans une posture analogue à celle de 1545, soutiens d’entreprises poétiques féminines. Jean de Vauzelles, homme d’Église et homme de cour de premier plan, juriste, chevalier de l’Église de Lyon, prieur de Montrottier, poète et défenseur de la langue française, pourrait être l’auteur de ce sonnet, pétrarquien et platonicien à la fois. L’attribution, possible, reste fragile.