Des modèles éditoriaux

En 1555 à Lyon, l’économie du livre imprimé repose sur le dynamisme d’un marché : si une entreprise d’impression et d’édition a pour ambition de perdurer et de se développer – celle créée par Jean de Tournes en 1542 perdura jusqu’au XVIIIe siècle –, elle doit générer des profits, ce qui implique de chercher à adapter les produits mis en vente à l’attente du public, envisagé dans sa diversité et qu’on espère sans cesse élargir, socialement et géographiquement. C’est ce que Jean de Tournes, dans les pièces liminaires qu’il signe parfois lui-même, appelle le « devoir de [s]a profession », qu’il comprend comme une « affection » « envers les bonnes lettres » comme « envers [le] lecteur ». Son fils, héritier en 1564 de l’entreprise et du nom « Jean de Tournes », reprendra le même lexique en 1569 en parlant de « l’affectionné desir que feu mon pere porta tousjours au bien publiq, et singulierement à la Republique literaire ».

Pour s’insérer au mieux dans cette « republique » que constitue le marché des livres, un livre doit susciter à la fois la reconnaissance et la curiosité, articuler familiarité et nouveauté. La publication d’une nouveauté littéraire comme les Euvres de Louïze Labé Lionnoize mobilise ainsi des modèles éditoriaux déjà éprouvés, avec lesquels elle entre en dialogue et parfois en tension.

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