1801 Maréchal

[Sylvain Maréchal], Projet d'une loi portant défense d'apprendre à lire aux femmes ; Par S**-M**, Paris, Massé, An IX. 1801, p. 7-8.

Un exemplaire numérisé est consultable sur le site Gallica.

 

       CONSIDÉRANT :

14°. Que la coquetterie d'esprit est dans les femmes un travers qui, comme l'autre coquetterie, mène au ridicule, et quelquefois au scandale.

       CONSIDÉRANT :

15°. Que si la belle Aspasie n'eût point été à la hauteur des lumières acquises de Périclès ; Périclès ne voyant en elle qu'une femme aimable, destinée aux délassemens d'une homme d'état, Athènes n'aurait point achevé de perdre ses mœurs sous le gouvernement tacite d'une courtisane.

       CONSIDÉRANT :

16°. Que si Louise Labé ou la belle Cordière de Lyon, n'avait point eu la manie des vers, la chronique du tems ne se serait point hasardée de signaler ainsi cette femme : "Elle avait une prédilection particulière pour les poëtes et les savans, les préférant aux grands seigneurs et leur faisant courtoisie plutôt gratis, qu'aux autres pour grand nombre d'écus ; aussi leur communiquait-elle privément les pièces les plus secrettes qu'elle eût."

       CONSIDÉRANT :

17°. Que Marguerite de Navarre, première femme de Henri IV, aurait été moins galante, si elle n'avait pas su écrire.

Une femme qui tient la plume pense être en droit de se permettre plus de choses que toute autre femme qui ne connaît que son aiguille.

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