1792 Montanclos

Marie-Émilie Mayon de Montanclos, Œuvres diverses en Prose et en Vers. Seconde édition. Tome premier, Paris - Lyon - Genève, 1792.

Un exemplaire numérisé est consultable sur le site Google Livres.

 

(p. 58-59) Plaintes amoureuses d’Orphélie. Imitation de Louise Labbé, surnommée la Belle-Cordiere

J'ai tout perdu, j'ai perdu ce que j'aime :
Las ! je n'ai plus de larmes à verser.
Pour le trouver, où pourrai m'adresser ?
Ne saurois vivre en ma douleur extrême.

Rendez-le moi celui-là que j'adore,
Gentils objets, qui l'avez su ravir.
Quand ses rigueurs, hélas ! me font mourir ;
Rendez-le moi, je veux l'aimer encore.

Du trait aigu dont pour lui suis blessée,
Amour a dit que ne puis plus guérir.
Mais, le voyant, j'aimerai de souffrir ;
Et cet espoir console ma pensée.

Si le rencontre, aimable tourterelle,
Attire-le par tes gémissements ;
Puis lui diras : Prends pitié des tourments,
Des pleurs d'amour d'une amante fidelle.

Oiseaux des bois, si vient pour vous entendre,
Imitez bien les chants de ma douleur ;
Puis rappelez à l'aimable trompeur
Cet air touchant que lui seul put m'apprendre.

Si, par hasard, traverse la prairie,
Zéphirs légers, venez le caresser,
Mais doucement et sans trop le presser ;
Lors semblerez aux baisers d'Orphélie.

Si veut cueillir une rose naissante,
Rose d'amour, laissez-lui ce plaisir ;
Point n'opposez votre épine au désir :
Plus ne craignez l'œil jaloux d'une amante.

Plus douce, hélas ! que n'est la colombelle,
Près des échos je retiens mes soupirs ;
Lorsqu'en secret je plains mes déplaisirs,
Je crains encor de passer pour rebelle.

O Dieu d'Amour ! O toi qui fus mon maître !
Qui bien m'appris d'aimer si tendrement !
Dis à l'ami qu'Orphélie, en mourant,
Pour mieux l'aimer, voudroit encor renaître.

 

 

(p. 78-80) Imitation des Poësies de Louise Labbé

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